Maudit 1er Décembre

Accidentare

Comment passer de l’euphorie à de la pure tristesse en 20 secondes…

Tout s’est écroulé pour moi le 1er Décembre alors que tout avait pourtant si bien commencé.

J’ai tout d’abord réalisé un bon entrainement le 1er jour à Lake Louise, de bonnes sensations, je me sentais bien posée sur mes skis et prête à affronter cette magnifique piste. Ce 1er entrainement m’a permis de prendre confiance, de voir un peu où je me situais après ces longs mois de préparation. Le résultat n’était pas exceptionnel mais déjà bien mieux que la saison passée, j’ai vu que j’étais dans le coup.

Puis viens le jour du 2ème entrainement, des conditions loin d’être faciles, du vent, un jour blanc qui rendait la visibilité très mauvaise et même un peu de brouillard sur quelques parties. Plusieurs stops courses à cause de ce brouillard, de l’attente et le cœur qui se resserre… Finalement me voilà au départ, je ne pense plus à rien, c’est mon tour et je suis prête à m’élancer, j’ai hâte de déclencher ce portillon, pousser de toutes mes forces et envoyer !
Je passe la ligne d’arrivée, je vois que je suis à 3 sec et je n’en reviens pas, un mélange d’euphorie qui mixe une joie immense et une adrénaline encore exacerbante après ce run de folie. J’ai littéralement tout envoyé, le mot « contrôle » était sorti de mon vocabulaire, je ne voyais absolument pas où je mettais les pieds mais je ressentais cette vitesse, cette folie et ce plaisir.

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Oui je peux dire que ce jour là me situer à 3 sec des meilleures et avoir fait des sections dans le top 30 a été un bel accomplissement après ces difficiles saisons. C’était enfin la preuve que le travail payait et que tous ces sacrifices faits en valaient la peine.

Puis vient le moment de se concentrer pour le 3ème entrainement qui nous attendait le lendemain. Je savais exactement ce qu’il fallait faire pour m’améliorer. J’avais fait des fautes la veille et avait hâte d’y retourner pour m’améliorer encore et encore. J’étais confiante et avait cette grosse envie de bien faire et me régaler.

Ania pe schiuri 3

Bip 15 sec… bip, bip, bip enfin ce moment que j’attendais, c’est à moi !!!
Je me sens bien, confiante techniquement et physiquement, à la fois solide et féline, je sens cette vitesse que j’engrange…
Puis c’est le drame, j’appuie un peu plus fort lors d’une courbe et soudain une douleur aigue survient à tel point que je ne peux plus du tout m’appuyer sur ma jambe. Je me laisse doucement tomber afin de pouvoir m’arrêter et là je sais que c’est fini. Je cri de douleur pour qu’on vienne m’aider, j’ai mal, très mal. Les personnes ne comprennent pas car elles ne m’ont pas vu faire une grosse chute, je leur dit « c’est mon genou, il m’a laché ».

Je commence à pleurer, un mélange de douleur, de tristesse et de haine. A ce moment là je comprends que ma saison est terminée, mes rêves et objectifs s’envolent, toutes ces heures d’entrainements pour finir une saison avant même qu’elle ne commence (la 1ère course du circuit était le lendemain).

Plusieurs personnes proches m’envoient des captures d’écran des temps que j’étais en train de réaliser… du vert sur le premier intermédiaire… et encore du vert sur le deuxième… je suis alors contente de voir que tout mon acharnement et investissement a payé, je skiais vite. Oui avant que mon genou me lâche je skiais vite, c’est pour ça que ma motivation a alors doublée, je vais revenir, je vous promets que je vais me battre pour revenir sur les skis et être aussi vite que je l’étais ce 1er Décembre.

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